Mort d’un ouvrier, la police est
coupable
Suite à la mort de Taoufik el-Amri, nous adressons notre soutien et notre
solidarité à la famille et la communauté d’origine immigrée vivant en France. Car si tous les travailleurs sont aujourd’hui assujetti à l’injustice policière, le fait que Taoufik est été
tunisien, qu’il est un accent, a dû doublement jouer en sa défaveur.
Nous ne pouvons que condamner la police d’occupation française.
Interpellé dans la nuit du 22 au 23 novembre avec près de 4grammes d’alcool dans le sang, sa famille est restée sans nouvelles de lui pendant deux semaines. Pendant deux semaines les policiers
ont menti à sa famille en déclarant n’avoir interpellé personne cette nuit, malgré les constations de témoins. Tout a été fait pour étouffer l’affaire. Une fois en garde à vue les policiers se
souviennent enfin l’avoir arrêté, puis relâché, son état ne « nécessitant pas de le garder ». Puis le corps a été retrouvé avec plus de 3,7 g/L d’alcool dans le sang au moment de la
mort. Là, les flics implore les difficultés de leur travail, pas de main courante, pas de rapport d’emmener, donc pas de trace (c’est trop long à faire !), pas de place en cellule de
dégrisement (visiblement il y en avait quand même ce soir là), donc on le laisse près d’un canal, loin de l’endroit où il a été interpellé dans une ville qu’il ne connaît pas. Et selon les
fonctionnaires de l’ordre il ne faudrait pas que les collègues payent « pour une pratique courante », laisser un homme ivre mort au bord d’un canal quand il y a plus
de place à Waldeck, c’est ça une « pratique courante » !?
Donc oui la police est coupable, des arrestations arbitraires, des incarcérations arbitraires (Jerom Bouthier,
3 ans en détention provisoire pour rien) , des violences régulièrement répertoriées (France, 2e Etat d’Europe derrière la Turquie pour les violences policières), des meurtres
arbitraires (*).
Les policiers ayant arrêté Taoufik sont coupables de mensonges à la famille du défunt, de dissimuler des
informations à la Justice (selon le procureur il y a des « contradictions dans leurs déclarations » qui « semblent d’ailleurs
préparés »), d’arrestation abusive et d’avoir provoqué sa mort même si l’on a pas encore prouvé qu’ils l’avaient poussé. Car si Taoufik n’avait croisé la route des délinquants de la
police française, il serait aujourd’hui vivant près de sa femme et de son enfant.
Nous ne voulons plus de ces cow-boys qui patrouillent sirènes hurlantes dans notre ville, manquant d’écraser
les gens, nous dévisages de leurs airs arrogants, qui nous agressent, nous arrêtent, nous frappent, nous tuent !
A nous de leur faire comprendre que nous ne voulons plus d’eux et qu’un jour ils auront à répondre de leurs
crimes !
FLIKED ER MAEZ ! BREIZH DIEUB HA SOKIALOUR !
EMGANN-Mouvement de la Gauche Indépendantiste
Pays nantais/Bro Naoned/Nàntt
* Liste non exhaustive des crimes des policiers français entre 1991 et 1995 :
_En 1991, durant sa garde à vue à Bobigny, Ahmed Selmouni est frappé à coups de batte de base-ball. Les flics lui pissent
dessus, le contraignent à une fellation et finissent par le violer avec une matraque. Sept ans plus tard, les responsables n'ont toujours pas été jugés. L'affaire a été transmise à la Cour
européenne des droits de l'Homme.
_En mai 1991, Aïssa Ihich, 18 ans, est tabassé à mort par des policiers de Mantes-la-Jolie. Sept ans et demi plus tard, le
juge d'instruction n'a toujours pas rendu ses conclusions.
_En juin 1991, toujours à Mantes-la-Jolie, un policier tue dans le dos Youssef Khaïf, 23 ans. Le juge a rendu son
ordonnance il y a deux mois : non-lieu.
_En avril 1993, à Wattrelos, un policier ivre empoigne Rachid Ardjouni, le jette au sol, pose un genou sur son dos, puis
lui tire une balle dans la tête. Résultat : six mois de prison ferme. La peine n'étant pas inscrite à son casier judiciaire, le meurtrier pourra continuer à exercer le métier de
policier.
_En juillet 1993, Franck Moret, un ingénieur de 29 ans qui rentrait d'une soirée avec sa copine, dans la Drôme, est tué
d'une balle dans la tête par un gendarme. Résultat : non-lieu.
_En décembre 1993, à Chambéry, un policier tire une balle dans la tête d'Eric Simonté, 18 ans, désarmé et non agressif.
Résultat : un an de prison avec sursis.
_En décembre 1993, près de Lyon, un brigadier abat Mourad Chier, 19 ans, alors que ce dernier escaladait une falaise.
Résultat : cinq ans de prison avec sursis.
_En janvier 1994, un policier tire deux coups de feu en direction d'une voiture qui s'éloigne, près de Rouen. Ibrahim Sy,
18 ans, est tué sur le coup. Impossible d'invoquer la légitime défense, mais ce n'est pas grave : non-lieu.
_Le 2 juin 1994, un policier tire sur deux cambrioleurs, Joël Nebor et Frédéric Adom, les tuant tous deux. Pourtant, sa
vie n'était pas en danger. Non-lieu.
_En août 1995, Sid Ahmed Amiri est arrêté à Marseille par trois policiers qui l'emmènent dans une carrière isolée, où ils
le tabassent longuement. Après un simulacre d'exécution, ils l'enferment dans un conteneur. Résultat : dix-huit mois de prison dont quinze avec sursis.